Anxiété, phobies, panique, TOC, traumatisme : reconnaître et aider sans juger

Contexte – Conférence – Santé mentale (Partie 3) (26 juillet 2025, Centre Culturel pour l’Évangélisation – CCE, Libreville), dans le cadre de Bâtir 2025, conférence des serviteurs de Dieu (24–27 juillet 2025).


Crises d’angoisse, agoraphobie (peur d’être coincé), phobie sociale, trouble panique, TOC, syndrome de stress post-traumatique : des tableaux fréquents, souvent imbriqués avec la dépression. Conduite clé en assemblée : accueillir, évaluer, ne pas juger – et savoir quand orienter.

Crises d’angoisse : quoi faire / quoi éviter
Les symptômes d’une crise d’angoisse peuvent ressembler à ceux d’une crise cardiaque (oppression, cœur qui bat vite). Il faut donc garder à l’esprit les facteurs de risque (ex. homme âgé, hypertendu, diabétique) pour ne pas rater un syndrome coronaire aigu.
L’attitude recommandée en assemblée est sobre et fraternelle : se mettre au niveau de la personne, capter le regard, lui dire qu’on voit son problème et qu’on est là pour aider.
« La dernière chose à dire, c’est “calme-toi”. La première : se mettre au niveau, capter le regard, “je vois que tu as un problème, dis-moi si je peux t’aider.” »

Agoraphobie, phobie sociale, TOC

  • Agoraphobie : surtout la peur d’être coincé dans un lieu d’où l’on ne peut pas s’échapper (plus que “peur de la foule”).
  • Phobie sociale : au-delà du trac normal, impression d’être observé ou épié en permanence.
  • TOC : pensées/impulsions répétées et rituels (par exemple, lavages à répétition) avec l’idée qu’une catastrophe surviendra si le rituel n’est pas accompli.

Traumatisme, mémoire et désensibilisation
Le cerveau mémorise mieux le traumatisme que le plaisir : c’est un mécanisme de survie.
« Le cerveau se rappelle des traumas – c’est ainsi qu’on survit. »
Des approches de désensibilisation (dont EMDR) consistent à revisiter l’événement dans un cadre calme et sécurisant, pour en diminuer la charge émotionnelle.

Sommeil et fatigue
L’angoisse retarde l’endormissement ; la durée de sommeil diminue souvent de 2 à 4 heures. La fatigue est fréquente.

Enfants et adolescents : mêmes repères
Chez l’enfant et l’ado, on retrouve les mêmes signes que chez l’adulte : anhédonie (ne prend plus de plaisir), aboulie (plus de projets), anorexie (perte d’appétit), anxiété.
Chez le tout-petit, on observe le contact visuel et le suivi du regard ; une dépression du post-partum chez la mère peut influencer certaines hormones du lait et la sérotonine du nourrisson.

Maladies chroniques : l’annonce et la dépression
À l’annonce d’une maladie grave (cancer, diabète, BPCO, asthme…), environ 10 % des patients font une dépression. L’accompagnement psychologique doit être intégré au parcours de soins ; traiter la dépression libère l’énergie nécessaire pour lutter contre la maladie primaire (en vérifiant les interactions médicamenteuses si chimiothérapie).

Repère pastoral pratique

Face à l’angoisse en réunion : accueillir sans culpabiliser, évaluer brièvement le risque somatique, accompagner et référer (anciens, psychologues, médecins) quand nécessaire.



Dr Damien STECIUK

Médecin (docteur d’État), spécialiste de médecine générale.

Membre de l’équipe CTMI.

Master en immunologie – intérêt : diabétologie.

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