De l’humeur normale aux troubles sévères : bipolarité, psychoses, addictions, TCA, personnalité

Contexte – Conférence – Santé mentale (Partie 4) (26 juillet 2025, Centre Culturel pour l’Évangélisation – CCE, Libreville), dans le cadre de Bâtir 2025, conférence des serviteurs de Dieu (24–27 juillet 2025).


De l’oscillation « content/pas content » de la vie ordinaire aux troubles bipolaires (avec risques de virage maniaque), des idées délirantes aux addictions, des troubles du comportement alimentaire à la personnalité antisociale : repères cliniques, exemples concrets et attitude d’accompagnement sans jugement.

Humeur normale vs trouble
Les variations « content/pas content » relèvent de la vie normale. Le trouble commence quand l’état devient submergeant et durable : on perd sa liberté d’agir.

Bipolarité et manie : repères et risques
Dans la manie, le cerveau « fonctionne à 200 à l’heure » : impulsivité, conduites à risque, insomnie sans fatigue.
Attention aux virages maniaques déclenchés par certains antidépresseurs ou par des corticoïdes. Un exemple rapporté : une patiente mise sous antidépresseur a fait un virage maniaque, est partie chez un concessionnaire, a acheté une voiture de sport et roulé à 200 km/h ; un certificat a été nécessaire au tribunal.
Il existe des troubles unipolaires (dépressions récurrentes) et des troubles bipolaires (pôles dépressif et maniaque). Le diagnostic demande de repérer les deux pôles.

Psychoses : garder l’alliance thérapeutique
Face aux idées délirantes ou hallucinations, l’objectif est de questionner sans mépriser pour ne pas rompre le lien. Exemples donnés :
– Un patient persuadé d’être observé par “les Russes” ; l’intervenant se penche et demande « Vous êtes sûr que c’est les Russes ? Pourquoi vous ? », ce qui l’aide à prendre du recul.
– Un autre se voit dans un avion en feu avec un parachute : il voulait sauter… par la fenêtre du 8ᵉ étage. Dans ces cas-là, la sédation peut s’imposer pour prévenir le passage à l’acte.
Repère donné par l’orateur en contexte chrétien :
« Un chrétien, né de nouveau, qui marche avec le Seigneur, ne peut pas être possédé. Jésus ne fait pas de colocation. »

Addictions : comprendre la souffrance avant la substance
Les substances citées : alcool (grand pourvoyeur de dépression), tramadol, cannabis, héroïne (hautement addictive ; « imprégnation à vie » très probable), cocaïne (dépendance surtout psychologique), crack (neurotoxique majeur).
Message clé :
« Mon problème, ce n’est pas votre drogue… c’est que vous allez mal. Quand vous allez bien, vous ne vous tournez pas vers l’alcool ou l’héroïne. »
L’accompagnement se fait sans jugement, en soignant d’abord la souffrance qui conduit à l’addiction.

Troubles du comportement alimentaire (TCA)
Anorexie et boulimie : touchent plus souvent les femmes ; signes d’une souffrance psychologique (recherche de contrôle/récompense via les circuits de dopamine).

Personnalité antisociale (psychopathie) : repères
Tableau rare, mais important à connaître : empathie diminuée, conflits fréquents avec la loi. L’intervenant souligne qu’on peut en rencontrer davantage dans certaines sphères de pouvoir où des décisions très dures sont prises.

À retenir

Garder le lien thérapeutique, éviter le jugement, sécuriser les situations à risque, et référer quand nécessaire (psychiatre, psychologue, médecin). Les comportements visibles (impulsivité, conduites à risque, addictions, TCA) sont souvent la pointe émergée d’une souffrance qu’il faut prendre en charge.



Dr Damien STECIUK

Médecin (docteur d’État), spécialiste de médecine générale.

Membre de l’équipe CTMI.

Master en immunologie – intérêt : diabétologie.

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